RODRÍGUEZ INVITÉE PAR LA MAISON‑BLANCHE POUR UNE VISITE AUX ÉTATS‑UNIS

Au Venezuela, plus de deux semaines après l’enlèvement du président Nicolas Maduro par les États-Unis, les relations entre Caracas et Washington se réchauffent. La présidente par intérim Delcy Rodriguez rendra visite à Donald Trump, a-t-on appris mercredi 21 janvier, mais aucune date n’a été fixée pour l’instant.

Une chose est sûre, la visite de Delcy Rodriguez aux États-Unis serait un événement. Il s’agirait de la première dirigeante vénézuélienne à se rendre aux États-Unis depuis plus d’un quart de siècle – à l’exception des présidents assistant aux réunions des Nations unies à New York. Le dernier chef d’État vénézuélien s’étant rendu aux États-Unis pour une rencontre officielle avec un président américain remonte aux années 1990, lorsque Carlos Andres Perez s’était entretenu avec George H. W. Bush (père). Le virage socialiste avec Hugo Chavez (1999-2013) a ensuite refroidi les relations qui sont rapidement devenues conflictuelles.

Sans évoquer directement une invitation aux États-Unis, elle a pourtant affirmé mercredi 21 janvier, devant des élus, vouloir coopérer avec Washington. Un changement de ton notable. « Nous sommes dans un processus de dialogue et de travail avec les États-Unis, sans aucune crainte, pour affronter nos divergences, nos difficultés, les plus sensibles comme les moins sensibles, et les traiter par la voie de la diplomatie », assure-t-elle. Officiellement, la vice-présidente vénézuélienne est toujours sous le coup de sanctions américaines

Des concessions sous la pression américaine

Un discours pragmatique, qui rejoint celui du président américain. Donald Trump a assuré « bien travailler » avec Delcy Rodriguez. Mais le président américain semble vouloir garder deux fers au feu. En début de semaine, il disait aussi vouloir « impliquer » la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, Prix Nobel de la paix, dans la gestion du pays.

Investie le 5 janvier, deux jours après la spectaculaire capture de Nicolas Maduro par les forces américaines, Delcy Rodriguez semble faire de nombreuses concessions sous la pression des États-Unis. Donald Trump n’a pas hésité à la menacer de nouvelles attaques si elle ne répondait pas positivement à ses demandes.

En attendant, les libérations promises de prisonniers politiques se font au compte-gouttes. Le gendre d’Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l’opposition à la dernière présidentielle, a retrouvé la liberté, a annoncé sa famille ce jeudi matin. Selon l’opposition, plus de 900 prisonniers politiques restent aujourd’hui détenus.