Une nouvelle raffinerie en construction
Dans cette dynamique, le groupe chinois State Power Investment Corporation (SPIC) a lancé, le 26 mars, la construction d’une usine d’alumine à Boffa. Ce projet d’1,03 milliard de dollars vise une capacité de production annuelle de 1,2 million de tonnes, avec une mise en service prévue en 2028. D’autres initiatives sont en cours, notamment celle de l’homme d’affaires franco-guinéen Fadi Wazni à Boké, ainsi qu’un accord de 4 milliards de dollars avec Emirates Global Aluminium (EGA) pour une nouvelle raffinerie.
Un potentiel sous-exploité
Malgré sa position dominante sur le marché de la bauxite, la Guinée ne possède qu’une seule raffinerie, Friguia, exploitée par le russe Rusal. Or, l’alumine, issue de la transformation de la bauxite, se vend en moyenne quatre à cinq fois plus cher. Le 26 mars, la tonne d’alumine s’échangeait à 391 dollars sur la bourse des métaux de Londres, contre 89 dollars pour la bauxite sur le Shanghai Metals Market.
Défis énergétiques et enjeux économiques
L’industrialisation du secteur pourrait générer des milliers d’emplois et augmenter les revenus miniers. Le projet de SPIC prévoit à lui seul 600 emplois directs. Toutefois, plusieurs défis subsistent, notamment l’approvisionnement en électricité, un facteur clé alors que plus de la moitié de la population guinéenne reste privée d’accès à l’énergie. Le raffinage de la bauxite est particulièrement énergivore, nécessitant jusqu’à 3 000 kWh par tonne pour sa transformation en aluminium.
Autre enjeu : la stabilité des investissements. En octobre 2024, EGA a vu ses exportations de bauxite suspendues en raison d’un retard dans la construction de sa raffinerie. Pour concrétiser ses ambitions industrielles, la Guinée devra rassurer les investisseurs et garantir un cadre favorable au développement de la filière.
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