Une loi révisée pour exclure les crimes de sang
Défendant la réforme, la députée Maimouna Bousso (Pastef) a justifié cette révision en interpellant ses collègues sur la nécessité de corriger les “dérives” de l’amnistie initiale. « Nous renions tout ce qui est mauvais de cette amnistie. Dites-nous ici si vous êtes d’accord que les crimes de sang et les tortures fassent partie de cette amnistie. Vous n’osez pas l’affirmer », a-t-elle lancé lors des débats.
Le texte, proposé par le député Amadou Ba (Pastef), vise à préciser le champ d’application de la loi d’amnistie, sans ajouter de nouvelles dispositions ni désigner de responsables. « Chaque infraction, chaque acte, chaque fait constitutif de violation des droits de l’homme porte sa propre motivation », a-t-il expliqué.
L’opposition dénonce une manipulation de la loi
L’opposition, quant à elle, dénonce une réinterprétation abusive du texte initial. « Nous sommes contre cette loi d’amnistie », a déclaré la députée Anta Babacar Ngom. « Une interprétation ne devrait pas modifier ni ajouter quoi que ce soit, elle doit clarifier. » Selon elle, la majorité cherche à remodeler le cadre juridique pour répondre à ses propres intérêts.
Le gouvernement défend l’indépendance des magistrats
Le ministre sénégalais de la Justice, Ousmane Diagne, a tenu à rassurer quant à l’indépendance du pouvoir judiciaire. « Je n’ai jamais accepté qu’on fasse pression sur moi, et qu’on ne compte pas sur moi pour influencer les magistrats », a-t-il affirmé, tout en soulignant que les décisions judiciaires pouvaient désormais aller à l’encontre des réquisitions du parquet, une avancée selon lui.
Avec cette révision, la loi d’amnistie prend un nouveau tournant. Reste à savoir si cette décision apaisera le climat politique ou ravivera les tensions autour de la justice transitionnelle au Sénégal.
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