mediaafiquenews
Logo
mediaafiquenews

KENYA : VIOLENTE RÉPRESSION LORS DES MANIFESTATIONS ANTI-FÉMINICIDES

Des affrontements violents ont éclaté mardi à Nairobi, où la police kényane a dispersé par des grenades lacrymogènes des centaines de manifestants protestant contre les féminicides et la violence sexiste. Les manifestants, qui s’étaient rassemblés dans un parc public en scandant des slogans tels que « Stop au féminicide », ont ensuite été pourchassés dans les rues de la capitale, entraînant des blessés et plusieurs arrestations.
mediaafriquenews Noovo Info

Une crise persistante de violences sexistes

Le Kenya fait face à ce que les activistes appellent une « épidémie silencieuse » de violences sexistes. Selon des données publiées en octobre par la police, 97 femmes ont été tuées entre août et octobre, la majorité par leurs partenaires masculins. Ce chiffre illustre une tendance alarmante qui place le pays au cœur de la crise des violences faites aux femmes sur le continent africain.

Les manifestants dénoncent également le laxisme des forces de l’ordre dans le traitement des cas de féminicide. Un incident particulièrement choquant a récemment révélé qu’un suspect, accusé d’avoir tué 42 femmes, s’est évadé d’une cellule de police après avoir avoué ses crimes. Les corps de ses victimes, démembrés, avaient été retrouvés empaquetés dans des sacs en plastique et jetés dans une carrière inondée.

Un engagement gouvernemental jugé insuffisant

Face à cette situation, le président William Ruto s’est engagé en novembre à allouer plus de 700 000 dollars à une campagne nationale pour mettre fin aux féminicides, après avoir rencontré des femmes parlementaires. Cependant, pour les manifestants, cette initiative reste insuffisante et symbolique en l’absence d’actions concrètes pour garantir justice aux victimes et sécurité pour les femmes.

Critiques internationales et répression policière

La répression policière lors des manifestations de mardi, organisée à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, a suscité une vive indignation parmi les défenseurs des droits humains. Les activistes dénoncent l’usage disproportionné de la force par la police, un acte perçu comme un frein à la liberté d’expression dans un pays récemment élu au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le 9 octobre dernier.

Ce n’est pas la première fois que des manifestants dénonçant les violences sexistes sont dispersés de manière brutale. Le 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un rassemblement similaire avait été interrompu par des gaz lacrymogènes malgré un faible nombre de participants.

Une crise continentale

Un rapport des Nations unies publié en novembre a révélé que l’Afrique enregistrait le taux le plus élevé de féminicides liés à des partenaires en 2023. Le Kenya, bien qu’engagé dans des campagnes pour éradiquer cette violence, reste un exemple de l’ampleur du défi à relever pour protéger les femmes et traduire les auteurs en justice.

Pour les activistes et les citoyens engagés, les événements de mardi mettent en lumière non seulement la crise des féminicides au Kenya, mais également la nécessité urgente de réformes dans les systèmes judiciaire et sécuritaire du pays.

Par Raissa Moubecka Pour MEDIA AFRIQUE NEWS
152 0
Logo
MEDIA AFRIQUE NEWS

LIBREVILLE,GABON

+24111456325

Nous suivre

© MEDIA AFRIQUE NEWS. All Rights Reserved. Design by DPL DIGITAL