Un geste politique déguisé en soutien religieux ?
William Ruto a justifié ce don en affirmant qu’il s’agissait d’une contribution destinée aux “derniers personnels” de ces églises. Cependant, cette explication peine à convaincre une partie de l’opinion publique, qui y voit plutôt une manœuvre politique pour s’attirer les faveurs de la communauté évangélique, un électorat clé au Kenya.
L’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une incohérence de la part du président, rappelant qu’il avait lui-même condamné ce type de dons par le passé.
Une réaction hostile de la société civile et des églises
Face à cette controverse, des manifestations ont eu lieu à Nairobi, mais elles ont été violemment réprimées, entraînant plusieurs blessés et arrestations.
Cette affaire relance le débat sur l’influence du pouvoir politique au sein des institutions religieuses. En novembre 2024, les églises catholiques et anglicanes du Kenya avaient déjà dénoncé la corruption au sein du gouvernement Ruto et avaient annoncé qu’elles n’accepteraient plus de dons de politiciens.
Dans le même esprit, le Conseil national des églises du Kenya a récemment interdit aux politiciens de s’adresser aux congrégations ou d’annoncer des contributions monétaires en chaire. Une décision qui ne semble pas affecter William Ruto, qui a d’ores et déjà affirmé qu’il continuerait à “construire des églises”.
Un mélange explosif entre politique et religion
Cette affaire met en lumière les enjeux politiques et financiers liés aux relations entre le pouvoir et les institutions religieuses au Kenya. Entre stratégie électorale et engagement religieux, le président Ruto entretient un lien étroit avec les églises, au risque d’alimenter les tensions et d’exacerber les critiques sur l’utilisation des fonds publics à des fins politiques.
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