Un bras de fer politique aux lourdes conséquences
Depuis plus d’un an, l’État de Rivers est secoué par un conflit opposant le gouverneur Siminalayi Fubara et son prédécesseur, Ezenwo Nyesom Wike, aujourd’hui ministre à Abuja. Tous deux issus du Parti démocratique populaire (PDP), les deux hommes ont vu leur alliance voler en éclats après l’élection de Fubara en 2023.
Le point de rupture est survenu fin 2023, lorsque 27 députés locaux, jusque-là membres du PDP et proches de Wike, ont rejoint le parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC). Cet exode politique a affaibli le gouverneur Fubara, ouvrant la voie à des tentatives de destitution. En réponse, ce dernier a tenté de dissoudre l’Assemblée de l’État, exacerbant encore davantage la crise.
Une instabilité menaçante pour l’économie pétrolière
L’État de Rivers est un bastion clé de l’industrie pétrolière nigériane, un secteur vital pour l’économie du pays. La persistance des tensions politiques et les perturbations institutionnelles suscitent des inquiétudes quant à leur impact sur les investissements et la stabilité de la région.
La situation s’est aggravée en décembre 2023 avec l’incendie de l’Assemblée législative locale. Le président Tinubu a accusé le gouverneur Fubara d’avoir démoli le bâtiment sans justification et de ne pas l’avoir reconstruit plus d’un an après.
Une administration militaire pour rétablir l’ordre
Dans une allocution télévisée sur la chaîne nationale NTA, le président nigérian a justifié sa décision par la nécessité de restaurer la stabilité politique dans l’État de Rivers.
« Il est devenu inévitable de déclarer l’état d’urgence dans l’État de Rivers à compter d’aujourd’hui », a déclaré Bola Tinubu.
Dès lors, le gouverneur Fubara, son adjointe Ngozi Odu et l’ensemble des membres élus de l’Assemblée locale ont été suspendus. Pour assurer l’intérim, le vice-amiral Ibokette Obas a été désigné administrateur chargé de gérer les affaires de l’État.
Cette mesure exceptionnelle vise à rétablir l’ordre avant un éventuel retour à un cadre démocratique normalisé. Toutefois, cette intervention fédérale pourrait être perçue comme une tentative de renforcer le contrôle du gouvernement central sur un État historiquement influent et contestataire.
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