Dès les premières heures de son extradition, l’épouse de l’opposant avait dénoncé un “enlèvement”, affirmant qu’aucun mandat d’arrêt ni accord d’extradition n’avait été présenté. Une version que l’État ougandais a rejetée sans toutefois fournir d’éléments concrets pour réfuter ces accusations.
Le Kenya s’insurge
Ce lundi, le gouvernement kenyan, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a déclaré qu’il n’avait joué “aucun rôle” dans l’arrestation de Kizza Besigye. Nairobi confirme qu’aucune autorisation officielle ou accord d’extradition n’a été émis, accréditant ainsi les propos de l’épouse de l’opposant. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cet incident.
Un contexte de relations tendues
Cette affaire intervient dans un climat déjà fragile entre les deux pays. L’Ouganda et le Kenya sortent à peine de différends commerciaux concernant l’importation de produits pétroliers. Après des mois de négociations, l’Ouganda a récemment obtenu l’autorisation d’importer ses produits pétroliers depuis le Golfe en transitant par les infrastructures kenyanes.
Autre source de discorde : une île située sur le lac Victoria, que les deux États revendiquent sur la base d’interprétations divergentes d’un document colonial britannique datant de 1926. Bien que l’affaire soit en attente de jugement devant la Cour internationale de justice, un fragile accord de co-gestion a été mis en place.
Un incident aux lourdes implications
L’arrestation controversée de Kizza Besigye pourrait raviver ces tensions latentes. L’Ouganda et le Kenya, liés par des relations diplomatiques et économiques stratégiques, doivent éviter que cet événement ne débouche sur une crise majeure.
L’enquête en cours permettra-t-elle d’apaiser la situation ou exacerbera-t-elle les divisions ? L’avenir des relations entre Kampala et Nairobi repose en partie sur la gestion de cet épisode sensible.
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