Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, la présidence angolaise a déclaré qu’elle allait « établir des contacts avec le M23, afin que les délégations de la RDC et du M23 mènent des négociations directes à Luanda dans les prochains jours, en vue de négocier une paix définitive dans ce pays frère. »
Kinshasa prudente face à l’initiative angolaise
À Kinshasa, où des discussions directes avec le M23 ont toujours été exclues, cette annonce a été accueillie avec circonspection. La présidence congolaise a déclaré « prendre acte » de l’initiative angolaise, tout en soulignant qu’un cadre de négociation existe déjà dans le cadre du processus de Nairobi. « Nous attendons de voir la mise en œuvre de cette démarche angolaise », a précisé Tina Salama, porte-parole de la présidence.
Depuis le début du conflit, Félix Tshisekedi a toujours refusé tout dialogue direct avec le M23, qu’il considère comme une organisation terroriste soutenue par Kigali. Fin février, il avait une nouvelle fois accusé le Rwanda d’être le « maître » du groupe armé, insistant sur le fait que toute négociation devrait se faire avec le gouvernement rwandais plutôt qu’avec les rebelles eux-mêmes.
Un tournant dans la médiation angolaise ?
L’Angola joue un rôle clé dans les efforts diplomatiques pour résoudre la crise qui secoue l’est de la RDC, marquée par des combats intenses entre l’armée congolaise et le M23. En 2022, Luanda avait déjà facilité un accord de cessez-le-feu, resté largement inappliqué.
L’initiative actuelle marque-t-elle un changement de stratégie dans la médiation angolaise ? Reste à voir si Kinshasa acceptera d’envoyer une délégation à ces pourparlers directs ou si elle maintiendra sa position de refus face au M23. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir du processus de paix dans la région.
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