Des hôpitaux en sous-effectif et en manque de matériel
Dans le département de neurochirurgie de l’hôpital de Fann, à Dakar, Seules les urgences sont assurées. Pour le professeur Mbaye Thioub, neurochirurgien, la situation devient critique : « Aujourd’hui, nous n’avons même plus les clips nécessaires pour traiter les anévrismes. On attend des commandes qui n’arrivent jamais. C’est une précarité dangereuse. »
Le manque d’équipements touche aussi d’autres spécialités, notamment l’oncologie. Le docteur Oumar Gindo, médecin en santé publique, souligne que sur les deux centres de radiothérapie du pays, seul celui de Touba est encore opérationnel, l’appareil de l’hôpital Dalal-Jamm étant en panne : « Il faut attendre jusqu’à cinq mois pour un rendez-vous. C’est inacceptable. »
Un besoin urgent de recrutement
À cette crise matérielle s’ajoute une pénurie de personnel. Aucun recrutement de médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes n’a été effectué depuis quatre ans, alors que le pays aurait besoin d’au moins 18 000 praticiens supplémentaires.
Le Syndicat autonome des médecins réclame une meilleure répartition des soins sur l’ensemble du territoire et une réponse immédiate des nouvelles autorités après sept réunions restées sans suite.
Un avertissement aux autorités
Cette grève, perçue comme un test pour le nouveau gouvernement, met en lumière l’urgence d’une réforme du secteur de la santé. Les professionnels préviennent : sans mesures rapides et concrètes, la mobilisation pourrait se durcir.
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