Un déficit budgétaire et une dette sous-estimés
Le rapport indique que l’encours de la dette sénégalaise s’élève à 99,67 % du PIB, un ratio bien plus élevé que celui annoncé par le précédent gouvernement. De plus, la Cour des comptes a recalculé le déficit budgétaire pour 2023, le portant à 12,3 % contre les 4,9 % initialement déclarés.
Ces révélations font écho aux accusations formulées en septembre dernier par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait affirmé que le régime de Macky Sall avait manipulé les chiffres des finances publiques.
Moody’s abaisse la note du Sénégal
Quelques jours après la publication du rapport, l’agence de notation américaine Moody’s a abaissé la note souveraine du Sénégal, la faisant passer de B1 à B3, avec une perspective négative.
Dans son évaluation, Moody’s met en avant une grave défaillance en matière de gouvernance et souligne que “la détérioration est due à des indicateurs budgétaires largement inférieurs révélés par la Cour des comptes”. Selon l’agence, ces irrégularités restreignent la flexibilité budgétaire du pays, entraînant des besoins de financement élevés et exposant les failles de gestion du gouvernement précédent.
Cette baisse de notation pourrait affaiblir la capacité du Sénégal à lever des fonds sur les marchés internationaux et dissuader les investisseurs étrangers, à un moment où le pays fait face à des défis économiques majeurs.
Des mesures annoncées par le gouvernement
Face à cette situation préoccupante, Ousmane Sonko a qualifié le rapport de la Cour des comptes de “particulièrement catastrophique et préoccupant”. Il a annoncé une série de mesures de rationalisation et s’est engagé à mener, d’ici fin avril, un audit complet pour établir l’effectif réel de la fonction publique.
Par ailleurs, le gouvernement envisage d’engager des poursuites judiciaires contre les responsables des manquements graves identifiés dans la gestion des finances publiques.
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